24.01.2009
Le Prado à vélo... c pa bo!
Le Tribunal Administratif de Marseille, par un jugement du 30 décembre 2008, vient d'annuler l’arrêté autorisant la circulation des cyclistes sur les terre-pleins du Prado.
D’évidence il s’agit là de la remise en cause d’une politique cyclable qui n’ose pas s’attaquer au vrai problème de Marseille, l’hégémonie de l’automobile sur l’espace urbain.
Ils sont en effet nombreux les endroits dans Marseille où l’on incite les cyclistes à circuler sur les trottoirs, faute d’avoir le courage et la volonté d’aménager correctement la voirie pour permettre une circulation sûre et confortable des cyclistes. On pourrait citer des aménagements anciens sur le boulevard Barral ou plus récents devant la gare Saint Charles mais aussi la communication du système Le Vélo fondée sur l’image d’un couple de cinquantenaires circulant à vélo… sur le trottoir de la corniche.
Tant au niveau des aménagements que des arrêtés de circulation, ce jugement est aussi l’illustration du bricolage et du manque de sérieux avec lesquels sont traitées les questions de déplacements à vélo et plus généralement de déplacements doux dans cette ville. Ainsi la confusion dans les arrêtés de circulation entre bande et piste cyclable, entre circulation obligatoire et facultative est permanente. On a même inventé à Marseille, sur le boulevard Longchamp, le statut de « voie conseillée au cycliste » qui, sauf erreur, n’a aucune existence légale ou réglementaire. Pour une illustration, allez faire un petit tour sur le site Le Pilote.com et consultez les arrétés sur le vélo. Edifiant!
Cet arrêt est aussi malheureusement l’occasion pour certains de stigmatiser les cyclistes.
Pourtant, le cycliste n’est ni plus ni moins incivique que tout autre marseillais mais, en revanche, à la différence de l’automobiliste, il conduit un engin non meurtrier et non polluant.
Les 561 piétons, dont près de 70% en agglomération, qui ont été tués en France en 2007 n’ont pas été bousculés par des cyclistes mais bien écrasés par des conducteurs d’engins motorisés (Source ONISR). Les causes de ces accidents sont bien connues, elles sont de deux ordres : la vitesse et le stationnement illicite, qui impose aux piétons de circuler sur la chaussée et insécurise les traversées de rue.
Nous espérons malgré tout que les conséquences de cet arrêt seront en définitive positives pour tous les marseillais qui souhaitent se déplacer de façon non motorisée dans leur ville.
Que le stationnement des 4X4 et autres scooters qui squattent le terre-plein du Prado les jours de match sera désormais efficacement réprimé.
Que le stationnement à cheval sur le trottoir comme on le connait à Marseille, par exemple le long du parc du 26ème centenaire, sera dorénavant interdit.
Nous espérons surtout que des aménagements, sur le Prado et ailleurs dans toute la ville, seront enfin mis en œuvre pour permettre la circulation des cyclistes. Il est temps que nos élus traduisent en acte leurs déclarations de campagne : « 200 km d’aménagements cyclables » (Jean-Claude GAUDIN) ou « faire de Marseille une ville de vélo » (Jean- Noël GUERINI).
Plus d'infos:
Nous tenons à la disposition des petits curieux le jugement du tribunal: collectif@velosenville-marseille.org
Pour voir les lieux du délit: si vous habitez Marseille, prenez votre vélo!... Si vous habitez ailleurs dans le monde. C'est possible çà? jetez un coup d'oeil par Street View.
09:43 Ecrit par Collectif Vélos en Ville dans Les rues de Marseille | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : prado, vélo, arrêté, tribunal


Commentaires
Peut-on vraiment considérer pistes cyclable du Prado comme des pistes cyclables. Perpétuellement encombré de piéton. Il est beaucoup plus sûr pour qui veut rouler de prendre la voie de bus.
Comme sur Chaves ces pistes cyclables implantées sur les trottoirs sont de véritables dangers.
Ecrit par : Godreau | 19.02.2009
Je confirme, cette "piste" est pratiquement inutilisable avec des pneus de section 26 ou 23 en raison des franchissement de bordures à chaque intersection avec les voies automobile. S'ajoute la dangerosité des intersections avec les voitures, la singalisation inadaptée, la cohabitation cycliste/piétons "forcée....etc...Ce parcours,si l'on veut finalement lui trouver une utilité, est la démonstration même de ce qu'il ne faut pas faire en terme d'aménagements.
Ecrit par : Mathias | 20.02.2009
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